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Située au nord et non loin de la porte Saint-Martin, Notre-Dame de la Rose dresse sa façade surmontée d’un modeste clocheton en bordure de l’ancienne voie romaine d’Agrippa, devenue, au long des siècles, Route Royale ou Impériale, Route Nationale n°7, Route de Valence, qu’elle domine de la terrasse qui l’entoure.

HISTOIRE

L’origine de la chapelle remonte au XIIè siècle au moins, puisqu’on la trouve mentionnée dans la bulle du pape Lucius en date du 5 ides de mai de l’an 1183, parmi les onze églises et chapelles existant alors au Montilium Adhemari (Montelheymart, devenu Montélimar).

La chapelle, très bien orientée, avec ses murs, son abside circulaire et sa voûte en berceau, s’appuyant sur un large arc doubleau, était d’un style roman très pur. Elle mesurait une vingtaine de mètres de longueur totale et sept ou huit mètres de largeur, et se réduisait à une unique nef. Elle demeura en cet état pendant quatre siècles, jusqu’à la fin du XVIè siècle où les luttes entre catholiques et protestants allaient, quarante années durant, engendrer pillages et dévastations sur la chapelle.

Délaissée suite à son délabrement, la chapelle Notre-Dame de la Rose ne sera relevée qu’un siècle après, en 1684 : la façade qui avait été démolie, fut reconstruite, la voûte réparée ainsi que la toiture. C’est alors que furent ajoutées les deux chapelles latérales à l’entrée de l’édifice, puis, en 1699, sous l’impulsion du chapelain Marbaud de l’Isle, chanoine de Sainte-Croix, une sacristie. Telle que nous la voyons aujourd’hui, cette façade dénote encore parfaitement le style du XVIIè siècle, avec sa porte à linteau rectangulaire mouluré, rehaussée d’un petit entablement dont la frise porte gravée la dédicace latine du sanctuaire : « Rosa mystica, ora pro nobis – Rose mystique, priez pour nous ».

Le plan ci-dessous indique les différentes époques de construction de la chapelle actuelle.

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Comprise, à la Révolution, au nombre des édifices religieux déclarés biens nationaux, Notre-Dame de la Rose fut acquise en 1794 par le cafetier Blanchot, lequel la revendit, en 1796, au marquis de Vesc de la Lo, qui la laissa à l’ex-capitaine champenois Henri-Louis de la Bruyère, que son alliance avec la famille de Vesc venait de fixer à Montélimar.


Tout au long des XIXè et XXè siècle, la chapelle de Notre-Dame de la Rose appartint à la famille de La Bruyère, qui l’avait rendue au culte et veillait à son entretien, après y avoir élu sa sépulture. La dernière représentante de sa famille, enterrée auprès de la grande croix de la chapelle du midi, a légué la chapelle à l’évêché de Valence en 1992.

Quelques années auparavant, en 1984, un prêtre anglais, l’Abbé Bryan Houghton, qui était venu s’installer à Viviers, avait obtenu de Mgr Marchand, évêque de Valence, l’autorisation de célébrer la messe dans le rite tridentin chaque dimanche à la chapelle Notre-Dame de la Rose, ce qu’il fit jusqu’à sa mort (19 novembre 1992). Plus tard, l’évêque de Valence confia ce ministère aux prêtres de la Fraternité Saint-Pierre. La messe y est désormais célébrée chaque dimanche et fêtes conformément aux dispositions du motu proprio « Summorum Pontificum » du Pape Benoît XVI, dans la « forme extraordinaire du rite romain ».

 De 2014 à 2016, à l’initiative de l’association « Les Amis de la Chapelle Notre-Dame de la Rose », de gros travaux de restauration de la toiture et des façades ont été engagés, permettant d’assurer la sauvegarde à long terme de cette chapelle que menaçaient de nombreuses dégradations liées à l’humidité. La restauration des décors intérieurs reste à entreprendre.

VISITE

Dès le seuil, on note les proportions harmonieuses de l’édifice. La nef, est d’ordonnance romane très pure. Voûtée en berceau, elle se trouve divisée en deux travées par un arc doubleau fort simple qui s’appuie, de chaque côté, sur un piler engagé, à chapiteau toscan. Une corniche moulurée, de même que les chapiteaux, se déroule à leur niveau et tout autour de la nef, servant de soutien à la voûte. L’arc triomphal, à plein cintre, marque, selon l’usage, l’entrée de l’abside, voûtée en cul de four, de même que la belle rampe en fer forgé qui remplit l’office de table de communion.

Toute cette partie constituant le sanctuaire proprement dit, arbore une pimpante décoration, malheureusement assez largement dégradée, qui fait contraste avec la sévérité et la simplicité de la nef. Les chapiteaux de l’arc triomphal sont finement moulurés et à médaillons, les simili-pilastres qui enjolivent la paroi circulaire sont cannelés et dorés, la voûte elle-même est rehaussée d’une jolie teinte gris-bleu parsemée d’étoiles d’or.


Un oculus s’ouvre à la partie supérieure de la voûte, donnant accès aux rayons du soleil levant. Au centre de l’abside, l’élégant maître-autel, en marbre blanc, à la face ornée d’éléments ogivaux, arbore au sommet une svelte et gracieuse Vierge au geste triomphal, en son Assomption.

Deux beaux reliquaires, qui se font face de chaque côté de l’autel, renferment des ossements de Saint Victor et de Saint Séverin. Accotées au pilier de l’arc triomphal, deux statues sont fixées : le Sacré-Cœur à gauche, Saint Louis de Gonzague à droite.
Deux chapelles latérales sont placées de chaque côté en retrait de la porte d’entrée de Notre-Dame de la Rose, et éclairées chacune par une baie moulurée à plein cintre venant s’ajouter aux deux baies primitives de la façade. Leurs voûtes sur arêtes sont une preuve de plus de l’époque de leur construction (1684).

La chapelle du sud comporte une monumentale croix de bois portant le Christ crucifié, de grande taille, travail admirable tout entier sculpté dans le chêne, dont la teinte cadavérique, que relève discrètement l’écoulement sanguin de la plaie du flanc, ajoute à la grave et poignante impression de l’œuvre. Cette croix avait été plantée, en 1827, à l’entrée de la porte Saint-Martin, à la suite d’une mission. Vingt ans plus tard, les intempéries ayant délabré le piédestal et l’arbre de la croix, M. le Curé Jourdan, craignant de voir s’effondrer le crucifix, fit refaire la croix et l’installa à Notre-Dame de la Rose à sa place actuelle.

La chapelle du nord, dédiée à la Vierge de la Salette, a fait l’objet d’une restauration récente. La cloche du campanile porte le nom de la famille de La Bruyère et la date de 1804.

 
  
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